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AICHA SNOUSSI

De l’en-corps et de la foi

J’en reviens. Je suis un rescapé ! Un véritable purgatoire sur Terre. Je pensais qu’avec son “Golgotha”, elle crânait ; alors j’ai tenté l’expérience du laboratoire métaphysique -lieu géorgien prétendument aseptisé- mais dont la tension est telle, qu’un je ne sais trop quoi vous sera de toutes les manières inoculé. Si vous arrivez à sortir indemne de l’Île utopique de cette More tunisienne, dites vous qu’un bon nombre de cobayes y laisseront une part de leur être, un bout de peau, ou un organe, de par l’expérience esthétique vécue ; car les créatures qu’on y rencontre et semblant revenir tout droit d’outre-tombe, vous transporteront et vous feront vivre différents états d’âme par de la chirurgie étique et éthique, l’extraction de gênes défaillants, la dissolution d’humeurs, des injections bénites, et je ne sais quoi d’autre “en-corps”.

         En entrant, une fois dans le bain ; ce sera votre baptême. Vous aurez chaud… Très chaud. Vous en sortirez purifié par une greffe de foi, après avoir traversé le périple métaphysique où les chairs commencent par se transmuer en passant par un caldarium où tout un chacun se fait entuber. C’est carrément viscéral.

         Ensuite, direction vers le tépidarium ou back room ; endroit glauque qui pue la pisse et le sperme où les corps se mélangent sans se voir, vivant toutes sortes de souffrances. Vous terminerez enfin le parcours du combattant par la traversée d’un frigidarium qui vous laissera rigide ou frigide !

            Cioran, après son “Traité de décomposition”, en visitant cette expo, se retournerait dans sa tombe : chair, manipulation d’organes, dissection, liquides visqueux, aquosités, transparence ; tout y passe, et un certain Verbe même, jouirait de toucher, souffrir, couper, sacrifier, essuyer, saigner, tordre, enfoncer, déchirer, palper, recoudre, arracher, comprimer… Bref, c’est une histoire de chair, d’organes, de phallus et de … religion, au sens étymologique du terme, de “religare”, de lier et relier, de gré ou de force ! Telle est, semble -t’il, la thèse … la prothèse de notre artiste qui semble “ça-voir” ce qui s’exprime, notamment avec les “Filles du Calvaire” transmutées en fils du calvaires, branchés, en tubes à foison qui entrent, sortent et qui attirent notre “at-tension” sur un “genre” d’êtres : des humanoïdes, androgynes qui vomissent, crachent et avalent, en se mettant en “Cène”. Ni hommes, ni femmes, ils âment. Et moi, pendant ce temps, je diffame Aicha Senoussi, qui pour une “foi”, est dans la monstration, chez Aicha Gorgi !

 

Moez SAFTA

Texte sur l’exposition Golgotha, 2014